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  • Les pompiers condamnés

    La justice a reconnu la responsabilité du SDIS 66, après la mort d'un homme qui avait été pris en charge par les pompiers des Pyrénées-Orientales. Le service catalan a été condamné à payer deux millions d'euros de dédommagements. Une première dans l'histoire les sapeurs-pompiers catalans. La cour d'appel administrative de Marseille a reconnu le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Pyrénées-Orientales responsable d'une série d'erreurs ayant entraîné la mort d'un homme de 41 ans que les pompiers avaient pris en charge en 2006. Le SDIS 66 a été condamné à verser deux millions d'euros de dommages et intérêts à la famille, et de réparation de frais de soins à la RATP -l'employeur de la victime et également organisme de sécurité sociale-, rapporte le quotidien régional L'Indépendant. Retour sur les faits. En juillet 2006, un homme se plaint de douleurs thoraciques, alors qu'il rentre d'un footing, pendant ses vacances à Torreilles. Après avoir appelé les secours, il est transporté vers l'hôpital de Perpignan. A bord du fourgon des pompiers, le médecin régulateur, libéral, constate l'état stationnaire du patient, avant de quitter le véhicule en cours de route, contraint de rentrer à son cabinet. Mais à 500 mètres de l'hôpital, le quadragénaire perd connaissance. Afin de placer le patient en position latérale de sécurité, les pompiers décident de débrancher l'appareil à électrocardiogramme (ECG), qui les gêne dans leurs mouvements. Un geste qui sera fatal: à peine arrivé aux urgences, l'homme fait un arrêt cardiaque. Après six années passées dans le coma, le joggeur mourra en 2012. Pour avoir effectué plusieurs gestes jugés inappropriés, dont le fait de débrancher l'appareil à ECG, la responsabilité des pompiers des Pyrénées-Orientales a donc été reconnue. "Aucun signe ne permettait d'imaginer une telle issue", a assuré le colonel Jean-Pierre Salles-Mazou, le directeur des pompiers du département, ce jeudi au micro de France Bleu, se disant très affecté par ce "drame humain". La justice administrative a également pointé la responsabilité du médecin, qui n'a pas accompagné le patient jusqu'à l'hôpital. Un fait que n'a pas manqué de relever le colonel Salles-Mazou, au micro de la station: "C'est le médecin régulateur qui avait la responsabilité des soins médicaux et de la suite à donner à l'intervention. En l'occurrence, le médecin n'avait jugé nécessaire d'envoyer l'équipe médicale lourde." Le SDIS a désormais la possibilité de saisir le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, pour contester sa condamnation. Dernier délai: le 17 décembre prochain.

  • Robert le diable

    Dans la scène de jeu de Robert le Diable, Meyerbeer accompagne le roulement des dés d'une phrase instrumentale dans laquelle on peut voir une imitation de ce roulement; mais on peut mieux encore y trouver une traduction musicale de la mimique des joueurs; tel devait être aussi le véritable but de l'auteur; à mesure que le jeu devient plus passionné et que Robert perd davantage, la phrase instrumentale devient plus sombre, plus sinistre, ce qui serait un tort si elle n'exprimait que le roulement des dés. La musique de Meyerbeer est donc de la bonne musique scénique. Au contraire, quand au troisième acte du Pardon de Ploërmel, Meyerbeer rend, d'une façon agaçante pour l'oreille, le bruit de la faux aiguisée par le faucheur, il commet une absurdité. Puisque le faucheur aiguise sa faux sur la scène, il peut faire entendre au naturel le 67 cri aigu et perçant de son outil. C'est absolument comme si, chaque fois qu'un acteur marche sur la scène, l'orchestre voulait imiter le bruit de ses pas. Où en viendrions-nous? Schubert, dans sa mélodie: Marguerite, a-t-il voulu imiter le bruit du rouet? Je ne peux m'empêcher de le penser. Dans la Cloche des Agonisants, il a imité la cloche d'une façon persistante et puérile. Il s'est bien gardé, dans le Roi des Aulnes, d'imiter le galop du cheval; la partie de piano comprend une sorte de tremolo avec une phrase menaçante qui revient dans la basse. Dans la Damnation de Faust de Berlioz, quand Faust est d'accord avec le diable, tous les deux partent sur un dessin de violon qui peut aussi bien peindre le vol qu'il peut peindre tout autre chose ou ne rien peindre du tout. Réverony Saint-Cyr n'aurait pas manqué d'y ajouter une représentation figurée où l'on aurait vu voltiger Méphistophélès emportant Faust. La course à l'abîme 68 vaut mieux; si elle ne contenait que le galop des chevaux et quelques autres effets imitatifs, ce serait un enfantillage de plus; mais le dessin obstiné qui doit rendre le galop a une expression d'agitation et d'angoisse croissante; les sons plaintifs du hautbois et d'autres effets expressifs, d'autant plus remarquables qu'ils sont obtenus par des moyens très simples, donnent à ce morceau une puissante originalité et amènent admirablement bien l'explosion du pandæmonium, où les forces de l'orchestre et du chœur semblent doublées et triplées.