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  • Colloque climat de Tunis

    Le changement climatique est un vrai casse-tête. Récemment encore, j'ai participé à un congrès à Tunis sur celui-ci. Il est évidemment souvent traité, mais on discerne pourtant assez peu de quoi sera fait notre quotidien à l'horizon 2030 (quand ce cataclysme sera devenu une réalité palpable). Mais lors de ce congrès, on m'a décrit précisément le monde de demain. Et vous savez quoi ? Ce n'était pas très rassurant. Dans les vingt prochaines années, ça restera gérable. Les experts estiment même que les frayeurs créées par le changement climatique pèseront plus que les modifications palpables que celui-ci pourrait engendrer. Réalisant qu’une modification profonde de la nature est en cours, certaines puissances seront vraisemblablement tentées de privilégier leurs intérêts afin de garantir leurs accès aux ressources. L'intention de s’investir dans une plus grande association internationale relèvera de plusieurs facteurs : l'importance des intérêts à défendre, entre autres. Mais le plus alarmant, c'est que certains climatologues redoutent que les analyses aient mal évalué l’échéance à laquelle le changement climatique se fera sentir. La communauté scientifique a encore en effet une compétence réduite pour deviner le calendrier des catastrophes climatiques. Ceci étant dit, les climatologues se basent sur les précédents historiques pour affirmer que cette mutation ne se constituera pas progressivement : nous pourrions donc bien en essuyer les effets beaucoup plus rapidement que les estimations n'avaient prévu. Il faut aussi comprendre qu'il n'y a pas franchement de solution à cette crise prochaine. Nous serons perpétuellement écartelés entre deux possibilités. D'importantes réductions au sujet des émissions de dioxyde de carbone handicaperaient en effet les pays émergents ayant un fort besoin de croissance. Cela aurait évidemment un impact sur le monde occidental, et l’économie internationale pourrait de fait entrer en dépression. Malgré ce défi, nous resterons donc certainement réfractaires à l'écologie, car les enjeux économiques sont tout simplement trop grands. J'ai trouvé ce congrès à Tunis passionnant (même s'il était un peu déprimant, je dois bien le reconnaître). J'ai notamment apprécié l'organisation, qui était selon moi un poil au-dessus de celles à quoi je suis habitué. Suivez le lien vers l'agence qui l'a mis en oeuvre, si vous voulez en savoir plus. Suivez le lien pour toute information sur ce séminaire en Tunisie.

  • Productivité et contreproductivité

    Aujourd'hui, il est urgent de s’interroger sur les conséquences de cette course, contreproductive, à l’abaissement des coûts qui génère gaspillages et malfaçons et qui compromet la pérennité ou le développement des PME sous-traitantes. Le recours au modèle du low-cost ne peut payer ni le travail, ni la recherche, ni l’innovation, ni l’investissement. La question posée est bien de monter en gamme et en qualité, comme cela a été largement développé dans le rapport, afin de produire mieux et autrement des objets et services durables, interconnectables, inter-compatibles, réparables, de travailler en amont sur l’éco-conception et en aval sur le recyclage, de développer des circuits courts, en minimisant les intermédiaires et en localisant la production dans le cadre d’un modèle économique qui intégrera toutes les dimensions de la création de valeur à partir de la matière. Toutes les analyses montrent que l’industrie française souffre, hors certains secteurs de pointe, d’un problème de positionnement : il s’agit donc de viser une montée en gamme de l’industrie française, non pas nécessairement en fabriquant des produits plus complexes, mais en y intégrant une plus forte valeur ajoutée. Pour cela, il est essentiel de moderniser l’outil de production vers plus de « sur-mesure ». Dans le même temps, il est indispensable de desserrer l’emprise des contraintes financières résultant de la financiarisation de l’économie, qui conduit à privilégier une rentabilité élevée à court terme. Cette situation est en effet incompatible avec les investissements importants sur la durée, nécessaires à une industrie renouvelée et pérenne. L’intérêt des actionnaires, quand ils recherchent un retour immédiat sur investissement, vient percuter celui des entreprises et du système productif en général. Le besoin de redonner une place centrale à l’activité industrielle pour répondre aux besoins sociaux nécessite des stratégies et visions sur le court et long terme. Des mesures doivent être prises afin que les investissements, importants et à rendement modéré sur des longues périodes et nécessaires au développement industriel, soient accessibles. Le système d’information d’une entreprise industrielle devient ou deviendra dans un grand nombre de cas le cœur de son système de production. Cela implique qu’il constitue un axe stratégique d’industrialisation pour les politiques publiques comme pour les industriel. le.s. La qualité du système d’information, la maîtrise des données et la formation sur ces sujets sont centrales afin de penser l’industrie et sa transformation. La théorie de la croissance endogène s’appuie sur la recherche et l’innovation, la connaissance, le rôle de l’État, pour orienter la politique industrielle afin de façonner la structure de l’économie. Redresser l’économie, construire une vision industrielle nécessitent donc de définir des axes prioritaires d’actions en termes de recherche, de formation, avec un fort degré d’anticipation et de prévision. Au nom de l’intérêt général, cette réponse ne peut être laissée ni au seul marché, ni à la main des grandes entreprises. L’entreprise et l’État doivent avancer de concert. La politique industrielle nécessite une vision systémique, alors qu’on a pris successivement des mesures sans tenir compte de toutes les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable, et tout particulièrement celle du travail. La question de la cohérence des mesures au niveau national et territorial est essentielle.